Il y a déjà bien longtemps que j'avais décidée d'occulter son regard. De toute façon il ne se posait plus sur moi, alors à quoi bon. J'avais décidé de tirer un trait et d'enfin me consacrer à moi, à ma vie et à ma capacité à séduire d'autres hommes. Après tout, il m'avait clairement fait comprendre qu'il ne m'aimait plus. Encore une fois le problème se posait... et moi est-ce que je l'aimais encore ? Ressentais-je encore quelque chose pour lui ? Quand quelqu'un vous a fait du mal comme ça votre esprit est brouillé, et vos pensées se chevauches les unes les autres... En gros c'est le boxon dans votre cervelle et vous préféreriez certainement vous tirer une balle plutôt de vous poser encore une seule question... Mais là il était nécessaire que j'aborde une nouvelle fois ce terrain houleux, même contre mon grès, je devais avoir une conversation d'ex à ex avec lui.
Évidemment je savais pas vraiment par où commencer puisque j'étais mitigé entre le "je le hais" et "je vais lui sauter dessus, dieu qu'il est toujours aussi sexy". Pourtant, je devais rester neutre et analyser la situation de manière objective.
Nous voilà sortis, tous ensemble on va boire un coup pas trop loin de chez nous, pas trop loin de chez lui. Un de ces endroits que vous avez fréquentez mille fois et où vous préféreriez certainement être ailleurs mais il convient tellement à tout le monde qu'au final on continue de fréquenter.
Il était là, il nous avais rejoins tardivement, il portait un jean et une chemise blanche, il avait glossé ses cheveux bruns, il était à tomber par terre à la renverse. * a toujours eu ce genre de charme à la David Schwimmer dans la 10ème saison de friends, ce regard fort et plein de ténèbres qui lui donnerais presque des airs d'italien ou de Tsigane. Tout ce que j'aime ! Il portait encore (et toujours) ce bracelet très épais en argent qui tournais anarchique autour de son poignet gauche, l'avait déjà vu une seule fois sans ce bracelet d'ailleurs ?
La soirée suis sont cours nous rions, nous buvons, et enfin nous rentrons tous ensemble (et oui c'est ça d'habiter tous le même quartier). Enfin, presque tous, lui il rentre toujours seul, dans la direction opposée (presque toujours). Je préviens discrètement les autres je rentre un peu plus tard, j'ai besoin de parler avec *. Et voilà que je prends comme je l'ai souvent pris ce chemin avec lui, le chemin de chez lui, de sa chambre... J'aime à penser qu'après tout il n'est pas doué avec les filles, heureusement d'ailleurs car le simple fait d'imaginer qu'il puisse en ramener une autre que moi dans ce lieu qui m'était si familier me donne une simple envie de vomir. Et puis merde il est à moi, il était à moi, et je connais trop bien les filles, toutes des salopes. Elles ne méritent pas ce beau salaud là. On papote de tout et de rien, on discute toujours dans l'ambiance de la soirée, mais lui comme moi savons que l'un d'entre nous va devoir aborder le sujet. Il le fait, il profite d'un court silence pour me lancé ces mots : "tu veux... monter ?". Le salaud, j'esquisse un sourire et lui propose plutôt d'aller s'asseoir sur un banc voisin. C'était clair maintenant ni lui ni moi ne nous sentions vraiment séparés l'un de l'autre mais à quel prix ?
Nous parlons longuement on se remémore nous instant de joie, de peine, nos crises et nos réconciliations. Il finit par s'approcher de moi et m'embrasse. Je n'étais vraiment pas venue là pour ça. Mais je ne le repousse pas, j'en ai pas envie. J'ai besoin de lui en fait. De ces mots, de sa bouche. Mais à quel prix ?
Il était clair que je n'allais pas monter c'était trop tôt, trop imprévu, nous sommes donc rester sur ce banc, enlacés, amourachés. Notre histoire ne se terminera jamais vraiment, même si tout nos oppose. Je l'aime et je l'aimerais probablement toujours. Mais ce soir je m'en moque je veux juste profiter de lui, de ses bras et envoyer valser la bienséance.
Nous avons marché jusqu'à la plage, et nous n'avons pas dormis. C'est ainsi que tout toujours devrai se terminer. Mais la prochaine fois, le même problème reviendra en première ligne.
Sommes-nous amis, amants ou amoureux ?
En vérité je pense que nous sommes juste deux passionnés en mal de vivre.
ps : pour une fois ce n'est pas une fiction, seulement ça date.
Aujourd'hui nous ne sommes plus rien.
pix extraite du manga Full Moon wo Sagashite